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L’empreinte carbone du dessalement de l’eau de mer

L’empreinte carbone du dessalement de l’eau de mer

Compte tenu du plein essor du dessalement de l’eau de mer en Algérie, la transition du pays pour devenir un pays qui dépend d’avantage du dessalement pour l’approvisionnement en eau potable, particulièrement dans les régions côtières ou celui –ci a déjà atteint les 17%, est une étude de cas instructive, en particulier, compte tenu des préoccupations concernant la prodigieuse empreinte carbone de la technologie du dessalement.

Alors que le changement climatique et la croissance démographique exacerbent la pénurie d’eau dans des régions du monde soumises à un stress hydrique comme l’Algérie, le dessalement apparaît de plus en plus comme une technologie providentielle. Selon le Global Water Intelligence, en début février 2021, il y avait environ 16 876 usines de dessalement dans le monde, les capacités globales de dessalement installées et cumulées pour la production d’eau douce s’élevait respectivement à 97,2 millions de m3 / jour et 114,9 millions de m3 / jour.

Environ 44% de cette capacité est installée au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Alors que le dessalement dans cette région devrait croître continuellement à un rythme de 7 à 9 pour cent par an, les «points chauds» pour le développement accéléré du dessalement au cours de la prochaine décennie devraient être l’Asie, les États-Unis et l’Amérique latine.

Cette tendance n’est pas sans conséquence environnementale. Alors que la consommation d’énergie réelle dépend des concentrations en sel de l’eau de mer, ainsi que les distances des prises d’eau et du rejet des saumures, l’empreinte carbone du dessalement est invariablement prodigieuse. Le dessalement est déjà responsable de 0,4% de la consommation mondiale d’électricité, induisant des émissions mondiales associées atteignant les 400 millions de tonnes d’équivalents carbone par an.

Une étude menée par P.K.Cornego et ses collaborateurs a démontré que le dessalement de 1 000 mètres cubes d’eau (l’équivalent d’un million de litres) par jour consomme l’équivalent approximatif de 10 000 tonnes de pétrole par an. Les émissions de gaz à effet de serre qui en résultent soulèvent des questions sur la durabilité d’une technologie qui, autrement, détient énormément d’avantages environnementaux. L’empreinte carbone de l’eau de mer du dessalement par osmose inverse (RO) a été déterminée entre 0,4 et 6,7 kg d’équivalent CO2 / m3.

Cela signifie que le dessalement de 1 000 mètres cubes d’eau de mer pourrait potentiellement libérer jusqu’à 6,7 tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Avec des efforts mondiaux héroïques en cours pour maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C, l’empreinte carbone cumulative du dessalement de l’eau de mer les installations ne peuvent plus être ignorées.

En se référant à cette étude, il devient aisé de calculer l’empreinte carbone du dessalement en Algérie ou 11 usines de dessalement d’eau de mer installées tout au le long de la côte produisent une capacité cumulée de 2,1 millions de m3 / jour générant ainsi l’équivalent de 14070 tonnes de CO2.  En outre, cette dépendance croissante au dessalement a aussi entraîné une augmentation significative de la demande d’énergie. Au total, l’évolution de la consommation d’énergie dans le secteur de l’eau (y compris le dessalement) a consommé près de 2 606 GWh en 2011 et devrait atteindre 5700 GWh à l’horizon 2030, représentant ainsi une part importante de la production nationale d’électricité.

Bien qu’elle n’ait pas été formellement conçue de cette façon, la transition de l’Algérie vers une dépendance accrue au dessalement peut être considérée comme une mesure d’adaptation au changement climatique. Pourtant, paradoxalement, la décision va à l’encontre des efforts d’atténuation du changement climatique de l’Algérie, en particulier compte tenu des engagements pris dans la contribution prévue déterminée au niveau national (INDC) du pays, soumise à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques avant la conférence de Paris sur le climat. en 2015.

Dans ce plan d’action, le pays s’est engagé à réduire de 7% à 22% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Le plan ne prend pas en considération des engagements en faveur de la consommation d’énergie associée à la production de l’eau.

L’Algérie fait face à un stress hydrique accentué par le changement climatique. Dans ce cas de figure, les innombrables avantages écologiques et environnementaux qu’offre le dessalement sont indéniablement convaincants et nécessaires. Néanmoins, il convient également de reconnaître qu’à l’heure actuelle, il est plausible que les limites des améliorations de l’efficacité énergétique qui peuvent être atteintes dans les procédés de dessalement sont rapidement abordées.

Assurer un approvisionnement en énergie propre semble donc essentiel pour atteindre la neutralité carbone dans le contexte actuel de la lutte contre les changements climatiques et leurs répercussions.

 

 

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